[ Presse – Boulevard Voltaire ] Bernard Monot : « Nous défendons la liberté d’entreprise tout en restant soucieux du bien commun »

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[ Presse – Boulevard Voltaire ] Bernard Monot : « Nous défendons la liberté d’entreprise tout en restant soucieux du bien commun »

Vos détracteurs disent que vous avez le même programme que le Front de gauche…
C’est absurde. Tout nous oppose. Le Front de gauche est communiste. Il est internationaliste et, en plus, il refuse de sortir de l’euro, alors que nous proposons le patriotisme économique.

En quoi consiste le patriotisme économique ?
Il faut remonter à la genèse du concept, avant la crise de 2008. Dès 2005, le professeur Sulzer et moi mettions déjà en garde contre un risque majeur de crise. Le FN a d’ailleurs été le seul parti à annoncer la crise mondiale en juin 2008, avant la faillite de Lehman Brothers…

Rappelons qu’à l’époque de l’élaboration de cette doctrine, Jean-Marie Le Pen était qualifié de Reagan français…

Conscients de ce risque « ultralibéral », nous avons élaboré un plan anti-crise qui a débouché sur notre programme économique baptisé « Patriotisme économique et protectionnisme intelligent ». C’est un modèle FN fondé sur une gouvernance économique nationale, qui prône une reprise du contrôle de la monnaie, de la politique budgétaire et du système bancaire. Nous voulons également sortir de l’espace Schengen et reprendre la maîtrise des frontières nationales. Cela correspond un peu au statut dérogatoire du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne avant le Brexit – celui négocié en 1973.

Si le FN n’est résolument pas communiste, il refuse aussi l’ultralibéralisme et s’oppose à l’automaticité du libre-échange et à la loi du profit immédiat à tout prix.

Nous optons pour la voie du milieu. Dans une économie libre et dans un régime capitaliste, nous défendons la liberté d’entreprise et l’État de droit, tout en restant soucieux de la recherche de l’intérêt général et du bien commun.

Cette voie du milieu, en quoi se distingue-t-elle de la social-démocratie ?
La social-démocratie fait de la planète à la fois le terrain de jeu de l’extrême gauche et celui des multinationales grâce à la mondialisation et aux migrations qui servent leurs intérêts respectifs au détriment des citoyens.

À l’inverse, nous voulons un État stratège, un État de droit indépendant de toute autorité supranationale, publique ou privée, la seule autorité légitime à nos yeux étant la souveraineté du peuple.

Demain, Marine Le Pen est élue. Que se passe-t-il sur le plan économique ?
L’État n’est pas une corne d’abondance.

Les gouvernements précédents ont détruit des millions d’emplois et laissent une dette qui s’approche dangereusement de 100 % du PIB. Cette dette est détenue à 60 % par des capitaux étrangers. Notre balance commerciale est déficitaire. Nous n’avons plus de budget à l’équilibre depuis 43 ans !

Pour assainir les finances publiques, nous voulons réduire de cinquante milliards les mauvaises dépenses :

– Tout d’abord, couper 11 milliards de dépenses en stoppant l’immigration massive et en supprimant l’AME.
Ramener vingt milliards grâce à la lutte contre la fraude fiscale et sociale.
– Économiser deux milliards en supprimant les intercommunalités et les régions pour lutter contre le mille-feuille administratif.
– Ensuite, sur le volet européen, nous voulons cesser de payer la facture de douze milliards par an consacrés au sauvetage de l’euro.
– Nous contestons également la contribution nette de huit milliards au budget de l’Union européenne.

Nous refusons l’euro-austérité et, en cas d’élection de Marine Le Pen, nous nous donnons six mois pour renégocier notre participation à l’Union européenne et obtenir un statut dérogatoire. En cas d’échec, nous proposerions au peuple français un référendum portant sur le Frexit. Mais ce n’est pas la première option. Nous ne voulons plus d’un euro monnaie unique, mais d’un nouveau franc avec un euro monnaie commune (ECU).

Pourquoi le FN veut-il tant prendre ses distances avec l’Union européenne et l’euro ?
La valeur de l’euro est un problème, même Angela Merkel le reconnaît !

Au-delà du FN, 188 économistes, dont 12 prix Nobel comme Maurice Allais ou Friedrich Hayek, pensent que l’euro est condamné ! L’euro tue notre compétitivité. Or, nous voulons réindustrialiser la France. Il y a d’énormes besoins, tels que la rénovation des centrales nucléaires ou l’investissement dans des technologies de pointe comme la blockchain, mais aussi la possibilité de recréer de nombreux emplois. Cela suppose une indépendance.

Le FN accuse l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le gouvernement français de mettre en place un régime de totalitarisme financier dans le but d’éviter l’effondrement de l’euro et celui du système bancaire européen, insolvable. En France, il s’incarne dans la loi Sapin II qui va euthanasier, à terme, les épargnants en autorisant des ponctions sur leurs comptes bancaires et leurs assurances-vie. C’est un hold-up légal qui nous pend au nez lorsque la prochaine crise arrivera. Depuis le précédent de 2013 à Chypre, ce danger n’est pas une fiction mais une réalité ! Entre l’euro et votre argent, il faut choisir !

Propos recueillis par Jan Van Den Boog

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