[ L’express ] Bernard Monot (FN): « Pas la peine de s’obstiner » sur une sortie de l’euro

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[ L’express ] Bernard Monot (FN): « Pas la peine de s’obstiner » sur une sortie de l’euro

L’économiste Bernard Monot est le responsable de la commission économie et finances du FN. Il détaille sa ligne sur le serpent de mer du FN: la sortie de l’euro et de l’UE.

Pas un jour sans que la question ne soit posée aux cadres du FN: après son échec à la présidentielle, le FN doit-il renoncer à sa proposition de sortir de l’euro? Encore ce jeudi, Marine Le Pen a dit sur Europe 1 vouloir « tenir compte de l’angoisse » que suscite cette proposition. Sur LCI, son numéro 2 Florian Philippot affirmait que le FN n’abandonnerait pas son projet.

L’Express a interviewé l’eurodéputé et économiste Bernard Monot, responsable de la commission économie et finances du FN pour savoir ce qu’il en pensait.

Le débat au FN sur la sortie de l’euro se fait de plus en plus sur la place publique et est relancé à l’occasion des ateliers mis en place par Marine Le Pen en perspective du séminaire du 21-22 juillet. Etes-vous vous-même favorable à ce que le FN renonce à proposer de sortir de l’euro?

Oui. Techniquement, nous avons raison. L’euro est un fardeau énorme pour l’économie française. Mais politiquement, nous avons tort. A deux reprises déjà, en 2012 et 2017, les Français n’ont pas validé notre mesure ainsi que la question du Frexit. Ils le voient comme un programme de rupture. D’ailleurs, nos scores sont les plus mauvais dans les zones urbaines, là où les gens sont attachés à l’Europe et à l’euro, en tous les cas pour le moment.

Dès lors, ce n’est pas la peine de s’obstiner à faire de la pédagogie. D’autant que nous serons toujours contredits par la stratégie de la peur mis en place par nos adversaires institutionnels, politiques ou médiatiques. Cela nous barre l’accès au pouvoir. De toute façon, la sortie de l’euro n’est pas un préalable. Il suffit d’attendre: l’euro monnaie unique disparaîtra de lui-même. Pour l’après-euro, notre plan, dans les cartons, est opérationnel et mis au point avec des banquiers centraux de la Banque de France et de la Banque centrale européenne (BCE).

Dès lors que vous ne proposez plus de sortir de l’euro, quelle politique monétaire défendez-vous?

Nous sommes patriotes mais euro-réalistes et crédibles. Notre proposition d’euro monnaie commune, défendue durant la campagne, a été mal comprise. Donc on reste dans l’euro monnaie unique. Dans le triangle des servitudes qui pèse sur la France -euro, dette publique, banques- l’euro est le moindre mal. Il faut rapatrier notre pouvoir de maîtrise de la dette publique et du système bancaire français via des négociations inter-gouvernementales qui ne supposent pas que l’on touche aux Traités. Nous nous opposerons également au projet fédéraliste de création d’un gouvernement économique de la zone euro.

Dans ces conditions, le FN peut-il toujours prétendre défendre la « souveraineté » française?

Ce n’est pas un problème technique mais politique. Les Français ne veulent pas sortir de l’euro. Tirons-en les conséquences!

Marine Le Pen a souvent dit préférer perdre sur ses idées « que gagner sur celles des autres ». Ce n’est plus d’actualité?

Je ne fais que proposer une ligne. Ce sera aux adhérents du FN de trancher lors du prochain Congrès.

Si votre ligne n’est pas retenue, resterez-vous au FN?

Moi, je ne fais pas de chantage. Je propose la meilleure option pour gagner. Mais clairement, je n’ai jamais rencontré un seul électeur qui me dit qu’il vote FN pour la question de la sortie de l’euro.

Vous avez aussi évoqué le Frexit. Le FN doit aussi y renoncer?

Oui, clairement. Le Frexit, c’est sortir de l’Union douanière et du Marché unique. C’est ramener la France à 1957 [date du traité de Rome]. C’est suicidaire. Pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen a dit qu’il fallait renégocier les Traités afin que la France puisse bénéficier d’un statut dérogatoire dans l’UE tel qu’en bénéficiait le Royaume-Uni qui a en quelque sorte le beurre et l’argent du beurre. Je ne comprends d’ailleurs pas la volonté des Britanniques de sortir de l’UE. Nous, si nous étions dans la situation du Royaume-Uni, jamais nous ne serions sortis de l’UE.

Florian Philippot ne partage pas du tout votre point de vue. Si votre ligne l’emporte, peut-il rester au FN?

Bien sûr, toutes les bonnes volontés ont leur place. Mais il ne faut pas faire de la sortie de l’euro un dogme ni un point de fracture.

Source : L’Express.

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