[ Interview dans SputnikNews ] Sanctions antirusses: Le Maire évoque une manœuvre, quid de sa réalisation?

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[ Interview dans SputnikNews ] Sanctions antirusses: Le Maire évoque une manœuvre, quid de sa réalisation?

Forcé de travailler dans le contexte du régime des sanctions antirusses, la France pourrait toutefois utiliser une «marge de manœuvres» en vue d’approfondir la coopération économique avec Moscou, affirme Bruno Le Maire. Deux interlocuteurs de Sputnik, expliquent ce que Paris pourrait entreprendre pour parvenir à ses fins.

Le ministre français de l’Économie et des Finances a déclaré au journal Vedomosti qu’il se réjouissait de la perspective d’une reprise de la coopération avec la Russie dans le secteur agricole, en dépit du régime des sanctions antirusses imposé par Bruxelles, et a évoqué la possibilité d’une « manœuvre » pour y parvenir.

Au demeurant, Bernard Monot, député européen et membre de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, estime que le Ministre doit passer aux actes, compte tenu du fait que toutes les décisions de ce genre sont prises à l’unanimité des membres du Conseil européen, si bien qu’un seul État membre, en l’occurrence la France, est capable de les stopper s’il le veut.

«D’après ce que j’ai lu dans la déclaration de M. Le Maire, il faudrait qu’il mette ses paroles en actes (…), concrètement il faudrait qu’il fasse sauter l’unanimité à l’Union européenne, car il suffit qu’un seul pays dans les 28 ou 27 Etats membres s’oppose pour que les sanctions soient levées», a expliqué M.Monot.

Le député européen a tenu à mettre en avant le paradoxe inhérent aux propos du ministre:

«M.Le Maire a la volonté de commercer avec la Russie, mais en même temps, il est coincé et embarrassé par les sanctions de l’UE qu’il défend. Il faut qu’il tranche ce paradoxe s’il veut rétablir le commerce extérieur avec la Russie pour les secteurs économiques français (…). Ainsi, il suffit que la France s’oppose aux sanctions de l’UE et il est en pouvoir de le faire parce qu’il suffit d’un pays au niveau de l’UE pour lever l’unanimité et s’opposer aux sanctions».

D’ailleurs, M.Monot a proposé sa propre solution à la crise actuelle et les mesures concrètes qu’il avait déjà prises dans cette direction:

«Moi-même, l’année dernière, j’ai déjà fait un projet de résolution au Parlement européen pour lever les sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Nous, le Front national en France, on est tout à fait favorable pour le faire, sauf que M.Le Maire a un double langage, il ne mettra pas ses paroles en actes».

Jean-Pierre Thomas, fondateur de Vendôme Investments, a également souligné l’inefficacité des sanctions, «totalement préjudiciables à l’économie européenne et en particulier à l’économie française», a appelé les députés européens à être raisonnable:

«À mon avis, je crois qu’il faut arrêter de jouer avec des mots, de tortiller sur des petites phrases. Il faut arrêter les sanctions. Si l’Europe renouvelle les sanctions, toute coopération, tout rapprochement n’ont aucun sens, il faut voir les choses en face».

Concernant la possibilité d’une «manœuvre» évoquée par le ministre, M. Thomas a tenu à souligner que cette idée, bien que «louable et intelligente», nécessitait beaucoup plus d’énergie et était beaucoup plus compliqué que «de ne pas lever la main pour renouveler les sanctions».

«Si la France décide de ne pas renouveler les sanctions, l’Europe ne renouvelle pas les sanctions. C’est beaucoup plus facile […] que d’essayer de trouver des petites portes dans les accords. Il faut privilégier la solution du grand architecte et des décisions politiques à celles du petit mécano», a-t-il conclu.

Le ministre français de l’Économie et des Finances a affirmé dans une interview au journal Vedomosti que la France, en tant que pays clé de l’UE, ne pouvait pas aller à l’encontre des décisions adoptées par Bruxelles, mais que Paris était toutefois en mesure de travailler à une reprise de la coopération avec la Russie dans le secteur agricole. Selon lui, la Russie avait déjà levé, par le passé, une partie des restrictions sur la production française, imposées en 2013, concernant notamment l’import de pommes de terre. Le ministre s’est également engagé à travailler à l’avenir à la réalisation des projets Sukhoi SuperJet 100 et Yamal, tout en apportant son soutien aux PME français travaillant sur le marché russe.

Source : SputnikNews.

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