Agriculteurs en grève : osons poser les vraies questions

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Agriculteurs en grève : osons poser les vraies questions

Communiqué de Presse de Bernard Monot, Député européen et stratégiste économique

Les Agriculteurs sous l’égide des syndicats agricoles manifestent aujourd’hui dans toute la France.

Monsieur Xavier Beulin président de la FNSEA dénonce l’excès de règlementation. L’adhésion à l’Union Européenne impose des contraintes de plus en plus fortes et parfois aberrantes aux agriculteurs français, que le gouvernement Hollande alourdirait encore.

Les agriculteurs souhaitent aussi que « demain on puisse produire français pour consommer français ». Le Front National adhère tout à fait à cette idée de bon sens si le Président de la FNSEA est sincère, mais il faut alors avoir le courage de mettre en place une protection claire et concrète des produits agricoles français. Or, Monsieur Xavier Beulin ne défend pas les agriculteurs français, notamment les éleveurs, contre la concurrence déloyale de pays à bas salaires, capables de produire de la viande 30 à 40% moins chères que les producteurs français. Les quotas laitiers disparaissent aussi en 2015 : quel avenir pour les producteurs laitiers ? Nous le regrettons évidemment. Monsieur Beulin ne défend pas non plus les agriculteurs français (et les consommateurs français) contre le traité de libre-échange transatlantique en cours de négociation « discrète » entre Bruxelles et Washington. Or, ce traité organise une concurrence totale entre l’agriculture américaine ultra intensive, aux normes de qualités laxistes et l’agriculture française, ce qui risque d’affecter négativement de nombreux secteurs agricoles et la qualité de l’alimentation.

Monsieur Xavier Beulin ne critique pas non plus la baisse très forte du budget de la politique agricole commune européenne (PAC) allouée à la France depuis 15 ans (9,1 Mds € pour 2014) ; baisse qui se poursuivra jusqu’en 2020 pour s’éteindre dans les années à venir au profit des pays de l’est de l’UE.

Le Front National, avant de mettre en place sa politique agricole française revalorisée, demande déjà au gouvernement de défendre vraiment l’agriculture française, de s’opposer à l’inflation des normes par Bruxelles et de s’opposer au traité de libre-échange transatlantique ainsi qu’à la concurrence déloyale intra-union, pour que nos agriculteurs restent compétitifs et puissent vivre décemment de leur travail. On rajoutera que l’agriculture française est un atout géopolitique considérable dans un monde de plus en plus peuplé; elle est aussi la garante d’une qualité des produits et du mode de vie français auxquels tous nos compatriotes sont attachés.

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